Il y a exactement quatre ans (presque jour pour jour), lorsque j’ai pour la première fois entendu parler de Baha’u’llah, j’étais une personne on ne peut plus normale (selon les critères habituels), avec ses qualités et ses défauts, ses joies et ses peines. Puis, au fil des jours, j’ai commencé à me transformer, voire me transmuter, jusqu’à devenir ce que je suis aujourd’hui, c’est-à-dire une personne comblée, qui vit par Dieu et pour Dieu. Ceci s’est fait à la suite d’efforts constants et quotidiens, ainsi que grâce à une aide invisible. Le résultat est qu’à présent, je me sens heureuse comme je ne l’ai jamais été. Pour avoir une idée, avant que j’effectue ce voyage spirituel, je faisais régulièrement des crises de larmes, environ tous les trois à six mois, sans raison majeure mais plutôt comme si une goutte venait de déverser le vase de la souffrance à bas bruit ; aujourd’hui, cependant, je peux dire que je ne me souviens réellement plus de la dernière fois où j’ai pleuré, parce que cela remonte à trop loin. Oui, je témoigne que le voyage spirituel vers Dieu est ce qu’il y a de mieux et de plus heureux pour un être humain.
Ces voyages à travers ces sept étapes, auxquels dans le monde temporel on ne voit pas de fin, peuvent être accomplis par le voyageur détaché – s’il reçoit l’invisible confirmation et l’aide du gardien de la Cause – en sept pas et peut-être même en sept souffles, voire en un seul, si tel est le vouloir et le désir de Dieu. (…). Ceux qui volent dans le ciel d’unité et atteignent les rivages de l’Absolu reconnaissent cette cité – l’état de vie en Dieu – comme l’extrême limite où peuvent parvenir les chercheurs mystiques et l’ultime pays des amants. Mais pour cet Etre évanescent de l’océan mystique, c’est la première porte de la citadelle du cœur, c’est-à-dire la première entrée de l’homme dans cette cité. Quatre degrés sont prévus pour le cœur (Baha’u'llah, Les sept vallées ; Chapitre: La vallée de la vraie pauvreté et de l’anéantissement absolu).
Mon âme respire l’effluve répandu par l’Aimé; tous mes sens sont comblés par la fragrance de mon adoré Compagnon. Obéis au devoir imposé par de longues années d’amour ; et raconte l’histoire des heureux jours d’antan afin qu’aujourd’hui terre et ciel se réjouissent tout-haut et que l’esprit, le cœur et les yeux entrent en joie. Ici est le royaume de la pleine lucidité et de l’ultime effacement du soi. Même l’amour n’a pas de sentier dans cette région et le désir n’y possède pas de séjour. C’est pourquoi il fut dit: “L’amour est un voile entre l’amant et l’aimé.” (Baha’u'llah, Les sept vallées ; Chapitre: Les quatre vallées ; Sous-chapitre : La quatrième vallée).